Je suis née à Bergen-Belsen d'Yvonne Salamon

Publié le par __Troubles__

¤ De quoi ça parle ?

Si Hélène est décédée, elle a laissé des écrits intenses et rares à Yvonne, aujourd'hui âgée de 75 ans. Un témoignage puissant auquel celle-ci répond en questionnant l'Histoire, en interrogeant sa propre identité, en sondant sa personnalité, en révélant aussi d'incroyables secrets familiaux. De chapitre en chapitre se noue, à travers le temps, les douleurs, l'espoir, la peur, un intense dialogue entre générations.
Ce livre, bien-sûr, évoque l'horreur de l'entreprise concentrationnaire nazie. Mais, surtout, il surprend et inspire par les histoires dans l'Histoire qu'il développe. Par quel miracle certains, dans les conditions de vie inhumaines d'un camp, réussissent-ils à faire preuve de la plus grande humanité ? Quel sens des valeurs a pu pousser une mère et sa fille internées dans le même camp à offrir leur trésor - un morceau de chocolat - à Hélène lorsque celle-ci n'avait plus de forces mais était sur le point d'accoucher en cachette ? Et pourquoi Yvonne bébé ne pleura-t-elle jamais durant les six mois vécus dissimulée dans le baraquement du camp, ne poussant son premier cri qu'après la libération de celui-ci ? L'instinct de survie explique-t-il tout ? Je suis née à Bergen-Belsen révèle ce qu'il y a de plus terrible et contrasté dans l'être humain : sa barbarie comme son humanité.

 

  • Date de parution
     
    09/09/2021
  • Editeur
     
  • Collection
     
  • ISBN
     
    978-2-37913-090-8
  • EAN
     
    9782379130908
  • Format
     
    Poche
  • Présentation
     
    Broché
  • Nb. de pages
     
    168 pages
  • Poids
     
    0.095 Kg
  • Dimensions
     
    10,9 cm × 17,7 cm × 1,0 cm
  •  

¤ Ce que j'en ai pensé :

Que dire sur ce témoignage ? Je ne sais pas si les mots seront assez puissants pour décrire l'horreur vécue par Hélène et des millions de personnes durant la Seconde Guerre Mondiale. De l'arrestation d'Hélène, résistante, à sa déportation en passant par la découverte de sa grossesse, l'horreur est indescriptible puisque l'on "sait" ce qui va suivre, la vie dans les camps de la mort, ou devrais-je dire la tentative de survie, cela me parait plus juste.

"Juste"... encore un mot qui n'a pas de sens ici !

Ce récit nous fait découvrir également l'histoire et le vécu d'Yvonne, bébé né en secret dans le camps de Bergen-Belsen qui n'a poussé son premier cri que lors de la Libération, un bébé miracle, un bébé qui a permis à sa mère de survivre à l'horreur en ayant une mission, celle de faire vivre cet enfant...

Les mots utilisés sont percutants, sans fioritures, l'histoire est racontée sereinement, même si on sait que le pardon ne sera jamais accordé par Yvonne. Hélène avec son histoire donne une leçon de vie à notre génération, comme c'est souvent le ca avec les survivants de l'horreur, parfois on a tous besoin d'une mise en perspective des difficultés que l'on rencontre au quotidien.

Je n'ai mis que quelques heures à lire ce témoignage et je sais qu'il va continuer à vivre en moi, comme les autres que j'ai pu lire, notamment Si c'est un homme de Primo Levi, On ne sort pas indemne d'un plongée dans l'indescriptible, j'ai encore du mal à trouver les mots pouvant décrire ce que j'ai ressenti en refermant le livre...

Ce qu'il faut conserver en tête, c'est que même au cœur des camps les personnes enfermées n'avaient pas perdu leur humanité, la notion de survie n'a jamais réussi à annihiler la solidarité, le soutien...

Si le sujet vous tient à cœur ne passez pas à côté de ce récit qui vous prend aux tripes comme on dit, il est assez difficile d'en faire une chronique mais sachez que cette lecture vous marquera durant un moment et vous apportera un autre regard sur la shoah et sur ses répercussions dans l'histoire moderne. J'ai moi-même encore appris des choses sur la condition juive avant la seconde Guerre Mondiale en Pologne, et cela n'a rien de reluisant.

 

¤ Si je devais lui mettre une note : 5/5, je ne peux pas mettre une autre note....

 

Surmonter mes souffrances, mes moments de désespoir. Il est parfois plus facile de sauver quelqu'un d'autre que soi-même;

p. 52

Je ne peux pas oublier. Je n'y arrive pas. Un philosophe a écrit :"Ce qui est inoubliable est impardonnable." Cela me paraît très vrai.

p. 68

Ce que j'ai appris dans ma vie et que j'ai essayé de transmettre à mes patients, c'est qu'il faut faire un chemin vers soi, apprendre à être soi. Prendre conscience de la brièveté de la vie et devenir soi.

p. 127

Commenter cet article