Rien n'est noir de Claire Berest

Publié le par __Troubles__

¤ De quoi ça parle ?

« À force de vouloir m’abriter en toi, j’ai perdu de vue que c’était toi, l’orage. Que c’est de toi que j’aurais dû vouloir m’abriter.

Mais qui a envie de vivre abrité des orages ? »

Frida parle haut et fort, avec son corps fracassé par un accident de bus et ses manières excessives d’inviter la muerte et la vida dans chacun de ses gestes. Elle jure comme un charretier, boit des trempées de tequila. Elle aime participer à des manifestations politiques, mettre des fleurs dans les cheveux, parler de sexe crûment et se rendre dans des fêtes à réveiller les squelettes. Et elle peint.

Par-dessus tout, Frida aime Diego, le peintre le plus célèbre du Mexique, son crapaud insatiable, fatal séducteur, qui couvre les murs de fresques gigantesques.

L’auteure expose les passions, l’art et les souffrances de la peintre fracassée, cette magicienne des couleurs et prêtresse d’une féminité affranchie. Les Inrocks.

Un roman incandescent. Elle.

Une existence splendide et terrible romancée avec panache et style, verbe goulu et phrases torrides. Télérama.

Grand Prix des lectrices Elle 2020.

 

  • Éditeur : Le Livre de Poche (30 septembre 2020)
  • Langue : : Français
  • Poche : 240 pages
  • ISBN-10 : 225310213X
  • ISBN-13 : 978-2253102137
  • Poids de l'article : 100 g
  • Dimensions : 11 x 1 x 17.8 cm

¤ A propos de l'auteure :

Claire Berest publie son premier roman, Mikado, à 27 ans. Suivront deux autres romans, L’Orchestre vide et Bellevue, et deux essais : La Lutte des classes, pourquoi j’ai démissionné de l’Éducation nationale, et Enfants perdus, enquête à la brigade des mineurs.

¤ Ce que j'en ai pensé :

Frida Kahlo me fascine depuis mes études supérieures, et lorsque je suis tombée sur ce roman lors de la Rentrée Littéraire de 2019 j'ai dû contenir mon enthousiasme pour ne pas faire exploser ma PAL, déjà bien trop monstrueuse, mais lors de sa sortie en poche je n'ai pas pu résister !

L'écriture est viscérale, brute, parfaitement à l'image de cette artiste insaisissable. Il y a quelque chose de quasi animal dans ce récit. J'ai réussi à voir le Mexique de Frida Kahlo à travers les mots de Claire Berest et rien que cet exploit est notable. L'auteure a réussi avec brio à nous immerger dans un monde, une époque lointaine, que ce soit en termes d'années ou de kilomètres, mais surtout a nous faire vivre des émotions viscérales, fortes grâce à des couleurs, à des nuances subtiles.  Le récit est puissant et émouvant , le lecteur se retrouve au centre de la vie de Frida Kahlo, il ressent ses douleurs physiques et morales et ses emportements politiques et amoureux. Rien dans ce récit n'est laissé au hasard et pour moi c'est ce qui en fait un grand roman. Plein de références culturelles américaines, françaises et surtout mexicaines, il y a un air de bohème dans cette œuvre.

Le personnage de Diego Ribeira n'est pas édulcoré, il est décrit au travers du prisme de l'amour mais sans aucune concession, je n'ai jamais vu en lui un prince charmant, mais plutôt un artiste de talent souvent dépassé par ses addictions, détestable mais adulé, une dichotomie qui colle à la peau de cet artiste mexicain.

A chaque fois qu'un tableau de la Kahlo est évoqué dans le roman on se le représente très bien, pouvoir visualiser mentalement ses œuvres a été un plus pour moi, j'ai eu le sentiment d'être encore plus partie prenante de l'histoire.

Entre histoire politique et artistique Claire Berest peint un tableau assez complet du monde à travers différents pays et continents avec beaucoup de couleurs. et de passion.

Ce roman n'est pas celui des demies teintes ou des demies vérités, c'est celui de la vérité brute et c'est pour cela qu'il restera dans ma bibliothèque des coups de cœur !

Si vous souhaitez lire un roman fort et sans concession, ne passez pas à côté de celui-ci !! Une magnifique histoire d'amour, une histoire de douleur, intègre et brutale, 

¤ Si je devais lui mettre une note : 5/5, énorme coup de cœur de cette année 2020 !!

Il y a des blessures qui te changent pour toujours

p.151

Quand j'aime une femme je lui fais du mal. Oui, je crois que plus j'aime une femme et plus j'aime lui faire du mal

p. 165

Publié dans Chroniques de livres

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