Les Dédicaces de Cyril Massarotto

Publié le par __Troubles__

¤ De quoi ça parle ?

De Claire, on ne sait pas grand-chose, sinon qu'elle vit à Paris et collectionne les livres dédicacés. Son plus grand plaisir est d'écumer les librairies à la recherche de ces trésors qui font de chaque livre un objet unique et précieux, " parce que la dédicace ajoute une histoire à l'histoire ". Chez un bouquiniste, elle tombe sur un livre dont la dédicace lui laisse une désagréable impression de vulgarité. L'auteur, Frédéric Hermelage, laisse son numéro de téléphone à une certaine Salomé, assorti d'un compliment outrancier. Seulement, à la lecture, le roman est à l'opposé de la dédicace. Subtil, élégant. Comment expliquer un tel contraste ? De librairies en Salons du livre, Claire va alors se lancer sur les traces de cet écrivain discret, jusqu'à franchir les règles de la fiction.

 

  • Éditeur : Flammarion (9 septembre 2020)
  • Langue : : Français
  • Broché : 263 pages
  • ISBN-10 : 2081519615
  • ISBN-13 : 978-2081519619
  • Poids de l'article : 280 g
  • Dimensions : 13.8 x 1.9 x 21 cm

¤ A propos de l'auteur :

Né en 1975, Cyril Massarotto a d’abord écrit des paroles de chansons pour son groupe, Saint-Louis, avant de se sentir à l’étroit dans l’exercice. Il passe donc à la vitesse supérieure et se lance dans l’écriture. Un an plus tard, alors qu’il surfe sur le Net dans un bain bien chaud, une phrase résonne dans sa tête : « Dieu est un pote à moi. » Il sait alors qu’il tient son roman. Publié aux éditions XO, le livre a reçu le prix Méditerranée des lycéens en 2009, et a conquis le public, ainsi que Cent pages blanches et Je suis l’Homme le plus beau du monde, parus chez le même éditeur.
Cent pages blanches est en cours d’adaptation à la télévision.
 Avec Les dédicaces, son premier livre chez Flammarion (2020), il a souhaité écrire « le roman qui aime les livres et ceux qui les écrivent, quitte à les malmener parfois.»

¤ Ce que j'en ai pensé :

Chaque sortie d'un roman de Cyril Massarotto est un événement dans notre famille, dès que l'achat a été effectué s'en suit une bagarre, âpre je vous l'assure, pour savoir qui le lira la première ! Cette fois-ci je suis passée en second, j'ai donc eu la chance de voir les réactions de ma moitié lors de sa lecture. Quand vont enfin mon tour, j'ai pris mon temps, mais ça c'était au début, parce qu'ensuite j'ai littéralement dévoré le roman.

J'ai tout d'abord été intrigué par le titre et par les personnages, ensuite j'ai très rapidement voulu savoir où tout cela allait nous mener...

Comme à son habitude Cyril Massarotto est déroutant, on ne peut pas dire qu'il se contente d'un style ou d'un sujet, nous sommes en présence d'un auteur multiple et talentueux, qui ne s'enferme jamais dans des cases et c'est ce que je préfère chez lui, chaque roman est une réelle surprise, et un plaisir à découvrir.

Le personnage de Claire me laisse encore aujourd'hui perplexe, je ne sais toujours pas si elle est attachante ou  horripilante... Quant à Frédéric, il incarne l' Auteur avec un A majuscule, sans artifices ni compromis, plein de sa suffisance et de ses certitudes. Ce roman est rempli de propos difficiles à lire, que ce soit à propos des auteurs, des romans en général et même à propos de blogueurs, et autres utilisateurs des réseaux sociaux dans un but de partage littéraire.

 Il faut bien entendu prendre cela au trentième degré mais je trouve qu'il est toujours agréable de se faire égratigner afin de mettre en exergue certaines évidences qui parfois disparaissent par égocentrisme.

Dans ce roman Cyril écrit ce que certains pensent tout bas des auteurs à succès, parle de sous littérature, cela met à mon sens en évidence un élitisme qui n'a pas lieu d'être, que cela soit dans le domaine littéraire comme dans tous les domaines artistiques. 

J'avoue que ce qui m'a le plus parlé dans ce roman c'est sa vision des relations de couple, sur la façon dont un homme envisage sa vie avec une femme, et comment les femmes se focalisent sur un objectif quitte à perdre de vue l'essentiel. J'aimerai d'ailleurs beaucoup pouvoir en parler avec Cyril afin de savoir si tout cela n'est qu'hypothétique ou si cela reflète vraiment sa façon de penser !

J'avoue avoir été très touchée par le passage où Claire parle de la mort de son père qui a décidé de se suicider pour ne pas succomber à son cancer, ayant perdu le mien de à cause de cette maladie il y a maintenant 515 jours...  Seul Cyril arrive à me faire fondre en larme en juste quelques lignes.

Je n'ai pas été surprise par la fin du roman, je m'y attendais et c'est pour cela que je n'ai pas pu lui mettre la note de 5 mais je dois avouer que la qualité littéraire et le rythme donné au roman en font une lecture addictive que je ne peux que recommander au plus grand nombre.

Ce roman m'a fait m'interroger sur les relations de couple, sur le mensonge, volontaire ou par omission, sur ce qu'on est prêt à accepter par amour, sur ce qu'on est prêt à sacrifier de nous aussi... 

Je n'ai qu'une hâte lire le prochain roman de Cyril Massarotto qui arrive toujours à se renouveler et surprendre son lectorat par les thèmes abordés et la qualité de son écriture.

 

¤ Si de devais lui mettre une note : 4.5/5

Le pire étant pour moi le concept, en vogue il y a peu, des boîtes à livres, ces abominations ressemblant tantôt à des mangeoires à oiseaux, tantôt à des cabines téléphoniques à l'abandon, et invitant chacun à laisser ou prendre des livres, le tout procédant de l'affreuse idée que cette mise à disposition gratuite permettrait à ceux qui n'en ont pas les moyens, je cite, de "découvrir la lecture"; or pour avoir ouvert quelques-uns de ces capharnaüms, la qualité des titres mis à disposition dégoûterait toute velléité d'un apprenti lecteur qui, en constatant l'alternance quasi militaire d'ersatz de Cinquante nuances de Grey (mais qui lit ça?) et de feel-good books aux titres déshonorants (mais qui écrit ça?), retournerait illico à son smartphone - et il aurait raison.

p. 34-35

Ce qui aurait pu me tuer, par contre, c'est de ne pas savoir que mon père s'est suicidé parce qu'il avait un cancer du pancréas incurable, qu'il était condamné et qu'il a préféré être maître de son destin

Car, au fond, la véritable culture c'est savoir des choses qui ne nous intéressent pas sur des sujets dont on se fout.

p. 223

Publié dans Chroniques de livres

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